- Julia Hasdeu pendant sa période d'études à Paris
- Julia Hasdeu, à l'âge de cinq ans
- Trois caractères: Elisabeta Dauc?, la mère de B.P. Hasdeu, en 1836; B.P.Hasdeu en 1874; Iulia Hasdeu, l'épouse, après une peinture par Diogène Maillart
- Iulia Faliciu-Hasdeu, profil de sa jeunesse
- B.P.Hasdeu, phototype
- B.P.Hasdeu six jours avant sa mort (19 août 1907). Photographié par Aspazia Ie?anu de Bucovine
- B.P.Hasdeu à son bureau
- B.P.Hasdeu dans le cercueil
- Conte écrit par Alexandru Hasdeu (le père su savant), avec un introduction par Iosif Vulcan
- Le sceau du monarque Stefan Petriceicu
- Iulia Faliciu-Hasdeu, profil de sa jeunesse
- Mme Iulia Hasdeu et l'épouse du docteur C.I. Istrati
- L'épouse de B.P.Hasdeu, sur la terasse du Château Julia Hasdeu
- B. P. Hasdeu et sa femme sur la terrasse du château Julia Hasdeu (après 1900)
- Iulia Hasdeu, la femme du savant sur la terasse du château Julia Hasdeu

 

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  Bogdan Petriceicu Hasdeu

          B.P. Hasdeu est né le 26 février 1838, dans la localité Cristinestii Hotinului (Hotin est situé en Bessarabie, aujourd'hui appartenant à l'Ukraine). Il a passé son enfance là-bas, et plus tard, il a accompagné son père en Podolie et il a fréquenté des diverses écoles primaires polonaises. À partir de 1850, il est allé à l'école secondaire à Chisinau. Dans le milieu universitaire de Harkov, Bogdan est devenu un personnage célèbre, admiré pour son intelligence et sa mémoire et en particulier pour la facilité d’appréhension des langues étrangères.

          Il a fréquenté la faculté de droit, mais il est attiré par la littérature et l'histoire de la philosophie. Ses efforts d’autodidacte montrent la diversité des préoccupations qui composaient son activité globale de savant tout au long de sa vie.

          Il n'a pas fini ses études universitaires à Harkov. A son retour, il s'est enrôlé dans l'armée russe. Il a participé en tant que sous-lieutenant dans la guerre de Crimée. Néanmoins, son caractère indépendant l’a déterminé de quitter l’armée et même Bessarabie, pour vivre en Roumanie.

          Il est arrivé en Roumanie en 1856, l'année où a été signé le Traité de Paris. Il a été nommé juge de Cahul, avec l'appui de Nicolae Vogoride, un grand homme d'État, mais il a été licencié peu après, parce qu’il a milité pour l'unification de la Bessarabie avec le pays mère.

          Il s'installe à Iassy, où il publie, avec beaucoup de sacrifices personnels, maintes articles, pour des revues comme: Roumanie (1858), Foae de storia romana/Feuille de l'histoire roumaine (1859), Foita de istorie si literatura/Feuille de l’histoire et de la littérature (1860), Din Moldova/De Moldavie (1862-1863), transformé plus tard en Lumina/La lumière.

          En septembre 1859, il offre 4.000 volumes de sa bibliothèque privée à la Bibliothèque des écoles de Iassy et il devient conservateur. En janvier 1860, il été nommé professeur d'histoire, de géographie et de statistique à l'Ecole technique de Iassy et deux années plus tard, il est devenu professeur d'histoire au cycle supérieur de l'École nationale. Son tempérament a été la cause d’un conflit avec ses camarades et aussi avec Titu Maiorescu, le directeur du collège. Après avoir publié le récit Duduca Mamuca, ses adversaires lui ont intenté un procès, sous l’accusation d'immoralité. Celui-ci lui vaut son poste dans l'enseignement et son rôle de bibliothécaire.

          Alexandru Odobescu, le ministre des affaires religieuses, le nomme, en 1863, membre dans la Commission Historique, ayant comme mission la recherche de l’héritage des monastères. B.P. Hasdeu s'installe à Bucarest, où il collabore avec les journaux de la capitale: Ateneul Roman/L'Athénée Roumain, Dacia, Instructiunea publica/L'instruction publique, Steaua Dunarii/ L’étoile du Danube, conduite par Mihail Kogalniceanu, Trecutul/ Le passé, Tribuna Romaniei/La tribune de la Roumanie. En 1863, il fonde la revue Aghiuta, suivie par Satyrul/La satire, publications satiriques que critiquaient certains aspects de la société, raison pour lequel elles ont été interdites.

          L'année 1864 ouvre une nouvelle étape dans l'activité scientifique de Hasdeu: il commence à publier des documents qu’il analyse d’un point de vue historique et philologique. En 1868 apparaît l’archive historique de la Roumanie, avec d'importantes conséquences sur le destin de l'érudit.

          Envoyé par Al. I. Cuza dans un voyage d’étude en Pologne, en 1861, il fait des recherches dans les bibliothèques et les archives de Cracovie et Lemberg (aujourd'hui Lvov), et recueillit une vaste collection de documents dont une importante partie sera publiée dans l’Archive historique.

          En 1865, il épouse Iulia Faliciu, de Rosia Montana (Transylvanie).

          Il commence une série de conférences à l'Athénée Roumain, et, en octobre la même année, il enseigne un cours d’Histoire de la loi constitutionnelle des Roumains.

          Entre 1867 et 1871, Hasdeu est député libéral de Bolgrad, son discours du parlement étant publié dans le "Journal officiel" .

          La publication de L’archive historique de la Roumanie lui ouvre des nouvelles perspectives : il est nommé directeur général des Archives d'État (1876 - 1900) et membre du Conseil permanent de L'instruction publique.

          En 1868, il voyage en Occident, avec l’intention de faire des recherches dans les bibliothèques et les archives et de collecter d’informations importantes pour sa carrière scientifique et pour ses œuvres. En avril 1869, il édite une nouvelle publication périodique, Traian. Le journal a été interdit en février 1870, pour son attitude trop indépendante et pour les attaques contre la monarchie. B.P. Hasdeu a été arrêté entre le 8 et 17 août 1870. Moins d'un mois depuis l’interdiction de Traian, il publie La colonne de Traian, avec l’intention déclarée de continuer la politique du journal précédent, sans aucune modification. Peu à peu, la revue se spécialise dans "l'histoire, la linguistique et la psychologie du peuple" en devenant mensuelle. Une grande partie de ses œuvres les plus importantes ont été publiées entre ses pages, jusqu'à 1883. De nombreuses personnalités du domaine de la science et des lettres, roumaines et étrangères, y ont contribué: Vasile Alecsandri, Mihail Kogalniceanu, Costache Negruzzi, Grigore Alexandrescu, Ion Creanga, Simion Florea Marian, Petre Ispirescu, Alexandru Odobescu, George Baritiu, Grigore Tocilescu, Aron Densusianu, Lazar Saineanu, Hugo Schuchardt, G. Vegezzi – Ruscalla, H. Wolzogen etc.

          Il voyage pour étudier à Budapest, où il découvre d’importants documents concernant l'histoire et la culture roumaine. Son voyage continue à Belgrade, où il découvre un texte très ancien de la Bible en roumain. Plus tard, il devient membre de l'Académie royale de Serbie et de l'Académie impériale des sciences de Saint-Pétersbourg.

          Il propose l’enseignement des cours gratuits, tel que le cours sur l'histoire de l'architecture à la Faculté des beaux-arts.

          La parution de l'Histoire critique des Roumains (tome I) confirme son prestige scientifique et lui ouvre les portes de l'université. Il enseigne son premier cours le 14 octobre 1874, un événement très important pour la vie scientifique roumaine. A l’époque, il est un étonnant érudit, ses qualités pédagogiques lui assurant une large audience. Il a été aussi le doyen de la Faculté des lettres (1882 - 1885).

          En 1878, il participe au Congrès d’orientalistes à Florence, où il rencontre le grand linguiste italien G.I. Ascoli, son homologue. En 1880, il visite Londres et en 1882 il est envoyé comme délégué officiel à l'inauguration du monument de Jules Michelet, à Paris.

          Son discours à cette occasion est publié dans trois journaux de Paris. Quelques mois plus tard, il est élu membre de la Société linguistique de Paris, à la recommandation des grands linguistes Michel Bréal et Abel Bergaigne.

          Il est reconnu à l'étranger et réjouit de l'amitié et du respect des grands savants tels que Th. Benfey, G.I. Ascoli, G. Curtius, Hugo Schuchardt, Angelo de Gubernatis. En 1895, il est élu membre de l'Académie des sciences de New York.

          Sa position sociale et scientifique lui suffit pour devenir membre de l'Académie roumaine, en 1877. En 1880 et 1881, il reçoit le prix "Ion Heliade Radulescu" pour son deuxième et troisième volume de ses travaux, Cuvente den batrani. Titu Maiorescu doit reconnaître ses mérites scientifiques et admettre que Hasdeu est le seul qui puisse accomplir une histoire de la langue roumaine. En 1884, l'Académie roumaine lui a assigné la tâche d'éditer un dictionnaire de langue roumaine, auquel il consacre quatorze années de sa vie. Cet ouvrage comporte des milliers de pages, jusqu'au mot "barbat/homme" . Monument de la langue roumaine, le dictionnaire Magnum Etymologicum Romaniae reste inachevé, puisque que le vaste "projet" exigeait un effort surhumain et l'Académie et le roi le pressaient de finir le travail.

          B.P. Hasdeu avait 49 ans quand il a accepté de devenir le directeur d'une publication scientifique et littéraire, “la Nouvelle Revue/ Revista Noua” (1887-1895).

          Le décès prématuré de Julia, en 1888, le pousse à méditer sur la mort, qu'il perçoit comme un point où commence les "formes" sans fin qui mettent l'esprit à la perfection. Dans l'un de ses pensées testamentaires, il note que: "Le jour quand Julia Hasdeu est décédée, son père est mort aussi. Il ne peut plus vivre. De ses ancêtres, il a hérité trois amours: le pays, la science et la femme. Hasdeu a concentré tout ce qui il y avait du pur dans sa fille, une grande patriote, un grand génie, une grande femme, elle est devenu pour lui le prisme de ses amours. Quand elle est morte, le pays - la science - la femme, tout était mort pour lui ".

          Son livre, Sic Cogito (1892) exprime une "vision tragique crépusculaire" . Ses chapitres introduisent le lecteur dans le système philosophique de l'érudit, système dominé par la logique, où on rencontre l'écho des vieilles croyances dans la Divinité.

          La douleur le conduit vers le spiritisme, comme dans le cas de beaucoup de ses contemporains. Ainsi, il construit à Campina, entre 1894 et 1896, un château temple, en assurant que tous les plans ont été suggérés par sa fille morte. Sa rigueur et sa simplicité intellectuelle exclurent l'hypothèse d'une mystification. Le fait est étrange et a imposé des recherches. Il s'y installe définitivement avec sa femme, en 1897.

          La solitude est la principale caractéristique de ses dernières années. Le 25 août 1907, après une longue souffrance, à 11h45, il meurt dans une petite maison derrière le château. Son corps est enterré à Bucarest, près d’Iulia - sa femme, et de sa fille Julia. Seulement sept ou huit personnes ont participé à ses funérailles. C'était un jour triste, où il faisait très chaud, le cortège funéraire en passant rapidement dans les rues de Bucarest.

          "Nous devons admettre" , écrit Mircea Eliade, "que le destin de Hasdeu n'était pas le plus heureux. Ce grand écrivain ne doit pas seulement être lu, il doit être assimilé. "

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