- Le château Julia Hasdeu au début du 20eme siècle
- Le château Julia Hasdeu au début du 20eme siècle
- Le château après la première restauration. L'Oeil du monde était couvert par la bannière du musée
- Le projet du château. On peut remarquer la localisation des maisons derrière de l'édifice. Deux d'eux ont été démolis
- Le plan du rez-de-chaussée du château
- La façade du château (projet)
- Vue frontale du château (section transversale)
- Le Château vu d'en haut
- Les plans des bâtiments supplémentaires: l'entrepôt, la maison du gardien et les groupes sanitaires
- Détail de la tour latérale (section vue du dessus) I

 

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  L'histoire

          En 1893, la famille Hasdeu passe quelques jours d’été à Câmpina, dans la maison du chimiste Constantin Istrati. B. P. Hasdeu admire le grand parc près de la propriété de son ami et décide de l'acheter, pour construire un château dédié à la mémoire de sa fille.

          Julia Hasdeu est morte de tuberculose en 1888, à l'âge de dix-huit ans. Un enfant précoce, la jeune fille a écrit des poèmes, de la prose et du théâtre en français, et son oeuvre a été publié à titre posthume, grâce à son père, à la maison d'édition «Hachette» de Paris. Depuis la mort de son enfant, le savant B. P. Hasdeu a un véritable culte de sa fille. De même que Victor Hugo, il choisit le spiritisme comme la seule manière de se conforter et de communiquer avec l'autre monde.

          Entre 1888 et 1891, il construit le premier temple pour Julia, dans la tombe du cimetière «Bellu» de Bucarest. Entre 1894 et 1896, il construit le château «Julia Hasdeu», selon les plans conçus par lui-même, inspiré, comme il a assuré, par l'immortel esprit de l'enfant. Les manuscrits montrent que le schéma original du château était différent, étant similaire à celle d'une cathédrale. Peu à peu, les plans ont été modifiés jusqu'à ce qu'il atteigne sa forme finale: trois tours de pierre, celle du centre représente le dôme qui ôte le temple. Près de la tour gauche, il y avait deux culées, entre lesquelles fonctionnait un ascenseur qui avait été utilisé pour lever la nourriture à la terrasse milieu, où le savant passait son temps pendant les jours chauds. La porte en pierre, sur laquelle on peut remarquer le blason de la famille Petriceicu, le slogan de la famille Hasdeu («Pro fide et patria») et les mots de Galileo Galilei («E pur si muove»), pourrait tourner autour d'un axe et représentait l'entrée principale du château. Il y avait deux trônes en pierre, sur lesquels il y avait sculpté les sept principales réincarnations de Julia, les douze lois et les symboles de Pythagore (le pentacle et les sept cercles). Sur chaque trône il y avait une femme sphinx gardien de l'entrée. Au-dessus de la porte, il y avait L'oeil du monde, et sur les créneaux on pouvait lire une date: le 2 juillet, le jour quand B. P. Hasdeu célébrait symboliquement ses deux Julias: sa femme et sa fille. Les portes latérales avaient des grilles symbolisant le soleil; elles avaient été peintes en vert jaune et en bleu. Les couvertures de l'extérieur ont été fournies avec des vitraux peints dans les mêmes couleurs, et en haut il y avait deux symboles: la croix dans un position verticale et, en dessous, le croissant dans un position horizontale. Les fenêtres du château avaient aussi des grilles et des vitraux traversés par une croix, et à l'intérieur, des deux côtés, il y avait des miroirs parallèles. Le rôle des miroirs parallèles est symbolique: avec leur aide, tout ce qui passe à travers d’elles est infiniment recrée.

          Le château de «Julia Hasdeu» détient un sous-sol et une terrasse. Sur la terrasse, si on regarde de l'arrière du bâtiment, une petite salle est visible, au-dessus de laquelle se trouve la Croix. Elle se projette dans la vitre et on peut voir ça quand on regarde la Croix peinte en rouge et les quarts de cercles peints en jaune.

          A l'intérieur, le monument est décoré avec des fresques et avec du marbre de diverses couleurs. Dans la tour, à la gauche de l'édifice, il y a une salle pour les invités et une salle de séjour, les deux chambres étant décorées avec des colonnes. Dans le salon, il y a des portraits de famille, peints sur les mures, entourés de couronnes de laurier. Dans la tour de droite, on retrouve: le bureau du savant, la salle à manger et la salle pour les séances de spiritisme. La peinture murale des premières deux salles contient des fleurs comme élément principal, et ces salles sont le plus éclairées pendant la journée, parce que le château est orienté vers le Nord, la tour droite vers l'Est et la tour gauche vers l'Ouest. La chambre pour les sessions de spiritisme est obscure et sur les murs il y avait des symboles : la tête d'un ange, un triangle, un papillon (comme on remarque dans la photo de la peinture murale originale) et, très probablement, d'autres symboles pas encore découverts. Aujourd'hui, la peinture murale de cette salle n'a pas été restaurée.

          B. P. Hasdeu a vécu ici pour dix ans, de 1897 jusqu'au 25 août 1907, quand il est mort. Son épouse était morte le 2 juillet 1902. Autour du château, le couple Hasdeu avait construit encore trois maisons. Deux d'entre eux ont été détruites après la Seconde Guerre Mondiale, même si en bon état. La troisième héberge aujourd'hui la bibliothèque, les archives et la salle de lecture du Musée Mémorial «B. P. Hasdeu».

          Après la mort du savant, les exécuteurs testamentaires (trois seulement ont accepté, des six que Hasdeu avait nommé) se sont confrontés au problème de l'entretien du monument et de son patrimoine. Vivant loin de Câmpina, dans des conditions historiques hostiles et se confrontant avec des faux héritiers du savant, dans des procès longs, ils ont négligé le château, transformé progressivement en ruine. De plus, les étrangers entraient dans l'édifice et ont emporté les biens: meubles, tableaux, objets décoratifs et livres. L'un des exécuteurs, l'avocat C. M. Ciocazan a donné ce qu'il avait hérité du testament de Hasdeu à l’Athénée populaire «B. P. Hasdeu», que a fonctionné en Câmpina; il a aussi pris soin de l'édifice autant qu'il pouvait. L'initiative de créer un musée mémorial dans le château appartenait aux intellectuels de l’Athénée.

          La presse locale et centrale de l’entre deux guerres a attiré l'attention sur le temple «métaphysique» de Hasdeu, que s’est transformé dans une «ruine» chère. Un journaliste a noté que si la belle statue du Jésus n'aurait pas été là, le château aurait été complètement détruit.

          Dans les années ’50, les célèbres historiens littéraires Perpessicius et Calinescu ont exprimé leur opinion sur l'importance du monument, en proposant de fonder là un musée mémorial consacré à B. P. Hasdeu et à son illustre famille.

          Au début des années ’60, le château a déjà été sur la liste des monuments architecturaux, devenant un département du Musée régional d'histoire (directeur: Professeur Nicolae Simache). Après une consolidation, la réparation et la rénovation de l'édifice (faites par le peintre Tent) en avril 1965, le Musée mémorial "B. P. Hasdeu" a été ouvert aux visiteurs.

          A cause du tremblement de terre du 4 mars 1977, les murs de château contiennent des fissures qui annoncent leur écroulement; donc, le musée a été immédiatement fermé et le monument a été une nouvelle fois rénové, un procès très long, les travaux continuant encore aujourd'hui.

          Invoquant l'absence de certains fragments de peinture murale sur la voûte, et considérant la peinture de Tent bien trop naïve (sur fond bleu, il y avait des bandes de nuages et des têtes d’anges), les restaurateurs ont créé des nouvelles peintures. Même s'il existe des témoignages écrits au sujet de la voûte du château-temple (bleu, avec des nuages et des étoiles), la question de la recomposition de sa décoration, ainsi que d'une étude approfondie sur la signification des symboles n'a jamais été soulevée. Le fait que le dôme joint un temple/lieu sacré (selon B. P. Hasdeu), dominée par le portrait symbolique de Jésus ascendant au ciel, a suffi à déterminer une artiste avec la bonne volonté de transformer la voûte dans un sphère céleste.

          Sans achever la rénovation, le château «Julia Hasdeu» a été réintroduit dans le circuit touristique et culturel, en février 1995. Depuis ce moment et jusqu'à aujourd'hui, des dizaines de milliers de personnes l’ont visité, des gens souhaitant connaître l'histoire fascinante de l'édifice symbolique crée par «le plus érudit roumain du 19e siècle" (Mircea Eliade), sous la forte influence de la présence spirituelle de sa fille. Dans le musée se fait l’exposition permanente des objets du patrimoine, tels que: peintures, meubles, objets d'arts décoratif, des livres et des documents, biens de la famille.

          Jusqu'en décembre 1998, le Musée mémorial "B. P. Hasdeu" est un département du Musée d'histoire et d'archéologie de Prahova. À partir de 1999, il a été coordonné par le Conseil local et la mairie de la ville de Câmpina. Les autorités locales et le personnel qui travaillent dans le musée ont compris l'importance des actes culturelles qui mettent en lumière la vie et l'oeuvre de la famille Hasdeu. Aussi, ils ont compris que le monument doit recevoir l'image qu'il avait auparavant, le plus fidèlement possible. Donc, les muséographes vérifient les archives, recueillent des informations et faisant appel à une vaste bibliographie, afin de déchiffrer le mystère de la création en pierre du savant roumain.

          En 1996, on a célébré le centenaire du château «Julia Hasdeu». Divers articles sur le château ont circulé pendant un siècle. L’ignorance de certaines personnes, les préjugés des autres, leur impossibilité de s'élever au niveau de l'esprit de Hasdeu a fait que le monument soit considéré étrange.

          Pour le visiteur curieux, qui désire en savoir plus, un pèlerinage au château «Julia Hasdeu» peut être le moment d'une révélation, à travers le contact avec les symboles et avec l'atmosphère paisible de l'endroit. Au-delà de la surface, le visiteur découvrira l'essence, car, comme l'a écrit Caragiale, «ici, dans chaque endroit, la matière dit quelque chose».

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