- Le château Julia Hasdeu au début du 20eme siècle
- Le château Julia Hasdeu au début du 20eme siècle
- Le château après la première restauration. L'Oeil du monde était couvert par la bannière du musée
- Le projet du château. On peut remarquer la localisation des maisons derrière de l'édifice. Deux d'eux ont été démolis
- Le plan du rez-de-chaussée du château
- La façade du château (projet)
- Vue frontale du château (section transversale)
- Le Château vu d'en haut
- Les plans des bâtiments supplémentaires: l'entrepôt, la maison du gardien et les groupes sanitaires
- Détail de la tour latérale (section vue du dessus) I

 

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  Le symbolisme

          La visite de I. L. Caragiale au château- temple, en 1896, qu'il a décrite dans l’Epoque, fournit des informations sur l'atmosphère de l'endroit. Le dramaturge était venu pour interviewer le savant au sujet de l'état de la littérature roumaine.

          Ayant la chance d'être guidé par B. P. Hasdeu lui-même, qui lui a donné, au cours de la visite, d'intéressantes explications sur le symbolisme de la construction, Caragiale décrit ce qu'il avait vu. La porte en pierre, "un lieu de passage d'un état à l’autre, entre deux mondes, entre le connu et l’inconnu, (…) entre le profane et le sacré" pourrait facilement tourner, permettant l'accès, en invitant l'homme "pour découvrir le mystère". Le passage symbolise la "mise en connaissance". Dans la tradition chrétienne, la porte a une grande importance, car elle permet l'accès à la révélation". Par la porte principale du château-temple, le visiteur peut atteindre une salle haute et étroite, semblable à un narthex, d'où, à travers un couloir constitué de deux miroirs parallèles, on pourrait entrer dans la rotonde.

          Un bâtiment en briques et en fer, ayant la forme d'une gigantesque croix, appelée dans les archives spiritistes "Le Grand Crucifix", a été érigé au milieu du dôme. En y regardant de derrière, il a la forme d'une coupe. Dans la partie supérieure de la croix, la statue du Christ avait été placée. Le savant avait commandé cette sculpture à la Chambre des Statuettes et Statues religieuses de Paris (fondée à Angers en 1862) et gérée par le sculpteur Raphaël Casciani; « un Sacré –cœur Jésus, modèle Montmartre de 2m10, pâte de bois durci, décor mi-riche ». B. P. Hasdeu voulait une décoration modérée pour la statue. Les vêtements de Jésus étaient peints en blanc et en rouge. Les artistes du Moyen Age ont utilisé ces couleurs pour la création de l'image du Sauveur après la résurrection. En février 1896, la statue est arrivée au château Iulia Hasdeu. Caragiale était impressionné, mémorisant les détails de la décoration intérieure. Il fournit la description de la tour centrale (le temple du château): "On entre par la porte et on arrive sous la haute coupole du milieu du bâtiment. Au milieu de la salle circulaire, s’érige un énorme pilier de briques, de marbre rose, soutenant deux escaliers en fer qui vont jusqu'à la ceinture intérieure du donjon, entouré d'une galerie métallique. Derrière le pilier, contre la porte d'entrée, il y a un escalier qui monte vers les deux autres. Sur le même plan que la galerie, au-dessus du pilier qui soutient l'escalier, il y a un pont soutenu par des piliers minces de fer; au-dessus de ce pont, il y a la coupole bleue, la statue du Sauveur, une fois et demie la hauteur naturelle. La statue est faite en bois et peinte dans le style du Moyen Âge, une oeuvre d'une rare beauté crée par le sculpteur Casciani de Paris. Le Sauveur vole par dessus les nuages, vers le ciel, les bras largement ouverts, avec son regard tourné vers la terre qu'il bénit avec ses deux mains. Ses yeux sont pleins de larmes, ses mains et pieds gardent les traces de clous, son front préserve les traces des épines. Le Fils divin monte avec son visage tourné vers la source de lumière, à l'Est. Du haut du dôme azur, l’oeil de Dieu, entouré des étoiles de l'infini, le regard, en l’attendent avec d’amour. Le dôme est éclairé par trois portes, correspondant à trois terrasses, et par une fenêtre ronde, traversé par une croix avec des tranches de verre, de couleur jaune et en rouge. Si vous vous agenouillez devant le Sauveur, sa divine tête peut être vue près de la fenêtre étincelée, dont la trame lui entoure comme une aura. (…) Ici, mon illustre hôte m'a fait réaliser que le pilier qui soutient depuis en bas, au milieu du dôme, les escaliers qui vont à la galerie, représente, avec eux, une grande coupe: dessus, ascendant au ciel, loin de la douleur, le pétillant visage de Dieu". La description de l’espace central faite par I. L. Caragiale nous a déterminé de lancer des recherches sur la signification des symboles de cette chambre, par le biais desquels elle produit le "mouvement ascendant du visible vers l'invisible, de l'apparence vers le caché, du sensible vers l'intelligible et de l'intelligibilité vers le supra intelligible". Dans la recherche du sens du symbolisme du château, nous nous souvenons de l'opinion de René Guénon, selon lequel le "rôle des symboles est d'être un réel soutien pour les concepts dont la possibilité d'extension est réellement illimitée et tout l'expression est un symbole". C’est justement l'indicible l'élément le plus important, dans l'ordre de pure métaphysique. Il faut qu’on mentionne trois types de symbolisme: celui du centre, de l'ascension et de la hauteur (céleste). On sait que la version la plus connue du symbolisme du centre est l’arbre du monde. "Ses branches touchent le ciel", Mircea Eliade a noté. Assimilée à l'Arbre du monde, la "coupe" du temple de château devient l'axe qui relie les trois zones ou mondes cosmiques: le Ciel, la Terre et l'Enfer (suggéré par la présence du sous-sol du château), rendant possible la communication entre les espaces terrestres et célestes. Le "pilier de briques massives" dans la description de Caragiale est le simulacre de l’axis mundi qui sépare et unit, dans le même temps, le Ciel et la Terre, ce qui permet l'union entre l'état humain et les états supra individuelles. Il symbolise le "centre", "l'invariable milieu" où l'influence céleste et terrestre s’unissent, permettant la communication directe avec les autres états de l'existence. La statue de Jésus, "qui, à travers son amour a fit descendre Dieu vers l'homme et a élevé l'homme vers Dieu", placée au-dessus de la coupe, représente le symbole du salut de l'humanité, à l'image du surhomme, de ce qui est arrivé à un "véritable supériorité" dans "l’aspiration universelle vers l'infini". Selon B. P. Hasdeu, le surhomme c’est l'altruiste qui se sacrifie "pour son peuple et son pays", étant certain que l'âme ne peut pas disparaître, que la mort ne peut pas la détruire, qu'il est éternel et se préserve", en d'autres mots" l'altruiste dévore La mort ". On peut comparer ce concept de préservation de l'âme, exprimé par le savant, à l'idée de Guénon, qui dit que la "mort corporelle ne peut représenter qu’un changement de modalité dans le même état d'existence individuelle - le passage vers une modalité extra corporelle de l'individualité humaine ". La doctrine de Pythagore sur la métempsychose enseigne que, dans la mesure où l’âme fait partie du Tout, elle est éternelle comme lui, et réside perpétuellement dans le mouvement. Mircea Eliade a considéré la morte comme une "rupture de niveau, symbolisée par une escalade", l'âme du mot s’élevant. On peut dire que le temple du château suggère la Montagne cosmique traversé par l’Axis Mundi, le Pilier Cosmique qu’unit les deux pôles de l'événement: le ciel et la terre. La multiplicité des états de l’existence est considérée comme les mêmes étapes parcourues par un homme, dans son chemin du retour vers le Principe / Infini / Dieu, est en mesure de monter de Terre au Ciel. "Deux escaliers en fer monte à la ceinture intérieure du donjon (…). Derrière le pilier, (…) il y a un escalier qui monte vers les deux autres, a noté I. L. Caragiale dans le reportage de sa visite dans le château. Les escaliers du château ont été peints en jaune, une couleur qui symbolise l'éternité. Dans le monde chrétien, l'escalier représente un symbole de la possibilité de monter au ciel, parce que tout ce qui est proche de lui participe à la transcendance. L’escalier est une autre représentation de l’axis mundi. Les marches sont des raisons pour la présence du symbolique de " l’Ascension" dans l'édifice de Hasdeu. L'escalier symbolise le passage d'une existence à une autre, la communication entre le ciel et la terre. Jacob rêvait d'une échelle dont le sommet touche le ciel, où les anges de Dieu montaient et descendaient. Dans la tradition islamique, Mahomet a vu un escalier allant du Temple de Jérusalem vers le ciel. Dante a imaginé dans le ciel de Saturne un escalier d'or que montait à la dernière sphère céleste. Pour les indiens, l'immortalité était acquise à la suite de l'ascension des espaces sidérales. L'ascension vers le ciel grâce à la cérémonie de monter un escalier faisait probablement partie d'une initiation orphique. En même temps, l’initiation Mithriaque implique l'escalade d'un escalier axis mundi qui a été trouvé dans le centre de l'univers. Tous les visions mystiques et les expériences extatiques entraînent une ascension vers le ciel. La doctrine de l’ascension de l'âme trouve ses racines dans l'Orient. Le monde grec et romain le savait en raison de l'orphisme et de Pythagoriciens. Indépendamment des formes dans lesquelles se manifeste la religion (dans le chamanisme, à l'initiation, à l'extase ou rêve mystique, dans les mythes ou légendes), l'Ascension, monter un escalier, signifie toujours transcender la condition humaine et entrer dans des niveaux cosmiques supérieurs. Pas de point de vue moral, mais du point de vue de connaissance. Le symbolisme de l'escalier comprend les concepts de sanctification, de la mort, de l'amour et de la libération. La "Hauteur" est une dimension inaccessible à l'homme, celui qui est l'ascendant en grimpant l'escalier qui conduit à ciel cesse d'être humain. Toute ascension est une traversée au monde de l’au-delà, en quittant l'espace profane. L'escalier participe au symbolisme de la verticalité, de l'Axe du Monde. L'escalade de la Terre vers le Ciel est représentée rituellement dans diverses traditions grâce à l'ascension d'un arbre/escalier suivie, mais pas toujours, par une descente qui a pour effet de porter les influences célestes dans le monde et de les combiner avec celles terrestres. L'ensemble de la vie spirituelle s'exprime par une tendance à l'ascension, un mouvement ascendant, le Christ et la croix (que l'on retrouve également dans le temple de Hasdeu) étant l'escalier. Dans l'expérience religieuse, le sacré céleste est actif en raison de la signification symbolique du "centre", de la "hauteur", de "l’Ascension". Le ciel est une conséquence directe de la transcendance, du pouvoir absolu, de l'éternité, du sacré. Il est aussi le symbole de la conscience. Dans le temple du château, il s’unit avec la Terre, en relançant une ancienne légende, par la croix en forme de coupe, par l'axe centrale, appelé dans les documents de Hasdeu "La Grande Croix"; elle ne représentait pas la croix de la souffrance de Christ, mais la "croix de la résurrection, de la gloire éternelle acquise par le sacrifice". Sur la voûte du dôme du château Iulia Hasdeu, il a été peint une sphère céleste qui rassemble tous les attributs de la robe céleste: le fond bleu, les étoiles, les nuages et, même si les témoignages iconographiques n'ont pas été conservés, il est censé que les anges étaient également présents. "Le nuage assombrit le monde sensible, en conduisant et habituant l'âme à contempler les éléments cachés, à l'aider de connaître la réalité invisible après avoir traversé les objets visibles". Le ciel embrasse tout. Le ciel symbolise les états supérieurs de l'être. La véritable initiation signifie la prise de conscience de ces états qui sont tangibles après l'Ascension, après le voyage céleste. Au sommet du "dôme azur" du château il était peint un triangle, qui avait en son centre un œil dont le globe oculaire est l'ouverture qui est encore conservé aujourd'hui. C'était "l’Oeil de Dieu", après les descriptions de I. L. Caragiale. Dans un article sur le symbolisme constructif, René Guénon a noté : "En l'absence d'une représentation matérielle de l'axe", "le dôme est pénétré sur son sommet par une ouverture circulaire; cette ouverture est une représentation du disque solaire lui-même, comme un «Oeil du monde", c'est "la porte du soleil", qui permet la sortie du Cosmos ". Le point sur la Terre, directement sous cette ouverture, c’est le correspondant virtuel du Centre du monde. Et le symbolisme du Centre du Monde soutient, comme on l'a déjà mentionné, l'importance du symbolisme céleste nécessaire pour les rituels d'ascension, de l'initiation, ainsi que des mythes (l'Arbre Cosmique et le Montaigne Cosmique). Le monde céleste représente le royaume de l'esprit, le monde terrestre est le royaume de la matière. Dans le symbolisme constructif, l'oeil du dôme du haut de la sphère céleste ou de la voûte du temple évoque l'image de la porte étroite, située à l'apogée du cosmos ou de la sphère étoilée qui s'ouvre vers l'inconnu. A travers la coupole de l'oeil doit passer tous les êtres qui ont atteint l'état de trouver soi mêmes. A travers celle-ci a lieu le retour au Principe. Cet oeil n’est seulement l'œil de la connaissance, mais aussi d’une conscience éveillée, capable de transcender toutes les préoccupations, obligatoires pour tous les véritables ascensions spirituelles. Après une introspection dans le souterrain (il est à remarquer que l'espace a également des espaces souterrains!), en arrivant au point qui correspond au centre de la croix (il faut voir aussi le Grand Crucifix du dôme de château!), l’homme se prépare à monter vers l'infini de la connaissance, guidé par la divinité, avec laquelle il souhaite s’identifier (donc, le fait que la statue de Jésus a été placée la n'était pas arbitraire!). Le ciel étoilé suggère l'évolution spirituelle, le cosmos. Dans la symbolique chrétienne, la sphère bleue couvre la Divinité. Le bleu suggère la régénération ou l'accomplissement spirituel de l'être, conscient de l'état supérieur qu’il avait atteint. Le bleu symbolise l'esprit de la vérité. Nous considérons que les étoiles peintes sur le château de la voûte ont été dorées. L’or et le jaune, près du Soleil, représentent les symboles de l'intelligence humaine, éclairés par la révélation divine. «Le pilier massive en briques» de la description de Caragiale n'est autre que l'Axe du Monde qui sépare et unit en même temps le Ciel et la Terre, le pont qui relie l'état humain et l’état supra individuel. On doit rappeler que B. P. Hasdeu considérait que Jésus était surhumain. Les cultures archaïques connaissaient le symbolisme de l'axe cosmique - le pilier universel découvert par l'homme, signifiant l'abandon de l'état humain et l’accès au divin, en arrivant à l'essence. Le centre est «le milieu invariable» où les influences célestes et terrestres s’unissent, rendant possible une communication directe avec les autres états de l'existence. La statue de Jésus, «de Christ qui, par le miracle de l’amour a lié Dieu à l'homme et a élevé l'homme à Dieu», placé au-dessus de la coupe sacrée, représente le symbole du salut de l'humanité, l'image du surhomme montrant une «véritable supériorité » dans « l’aspiration universelle vers l'infini». Selon B. P. Hasdeu, le surhomme est l'altruiste qui se sacrifie pour le peuple et pour son pays, étant convaincu que l'âme «ne peut pas disparaître, que la mort ne peut la détruire, qu'elle est éternelle et préservée», en d'autres termes «l'altruiste dévore la mort». Mircea Eliade considère la mort comme une «rupture de niveau, symbolisée par le biais d'une l'escalade», comme l'âme des morts est un ascendant. La communication entre le Ciel et la Terre peut s’établir seulement si on suit l'axe qui relie les centres de ces modalités qui se produisent dans un nombre indéfini, dont l’hiérarchie complexe représente l'apparition de l’univers. Donc, le temple du château est un «centre», le bâtiment étant assimilée à une montagne sacrée traversée par l’Axe du Monde, le Pilier Cosmique qui unit les deux pôles de l'existence: le ciel et la terre. La multitude d’états dans lesquelles se produit l'existence est considéré comme étant le même nombre d'étapes qu'un homme, dans son chemin du retour vers le Principe / Infinité / Dieu, est en mesure de monter de la Terre au Ciel. «Deux escaliers en fer montrent à la ceinture intérieure du donjon (…). Derrière le pilier, (…) il y a un escalier qui monte vers les deux autres», note I. L. Caragiale après sa visite au château. Entrant dans le temple du Château, regardant le Grande Crucifix, on ne peut pas voir l'escalier «derrière le pilier». Même si l’escalier n'est pas visible, il existe comme la voie par laquelle l'homme va au-delà de sa condition. L’escalier peut être vu à partir d'un angle révélateur. Au lieu de cela, après avoir franchi la porte du temple, les livres sont visibles. Le livre est le symbole de la connaissance. Par la connaissance, l'âme transcende. Les escaliers du temple montrent la présence du symbolisme de l'ascension dans l'édifice. L'escalier symbolise le passage d'une existence à une autre, la communication entre le Ciel et la Terre. Jacob rêvait d'une échelle dont le sommet touchait le ciel, où les anges de Dieu auraient monté et descendu. Dans la tradition islamique, Mahomet voyait un escalier allant du Temple de Jérusalem vers le ciel. Dante imaginait dans le ciel de Saturne un escalier d'or qui arrivait à la dernière sphère céleste. Pour les Indiens, l'immortalité était acquise à la suite de l'ascension dans les espaces sidérales. L'ascension au ciel grâce à la cérémonie de traverser un escalier avait une origine probablement orphique. En même temps, l'origine Mithriaque implique l'escalade d'un axis mundi trouvé dans le centre de l'univers. L’initiation signifie la mort et la résurrection du néophyte, la descente en enfer et l'ascension au ciel, le chemin vers la réalité absolue. Toutes les visions et les expériences extatiques des mystiques impliquaient l'ascension vers le ciel. La doctrine de l'ascension de l’âme a son origine dans l'Orient. Le monde grec et romain le savait à travers l'orphisme et les pythagoriciens. Indépendamment des formes dans lesquelles la religion est apparue (dans le chamanisme, dans l'initiation, dans l'extase ou dans le rêve mystique, dans les mythes ou dans les légendes), l'Ascension, l'escalier, signifie toujours transcender la condition humaine et trouver les niveaux cosmiques supérieurs. Dans le symbolisme de l'escalier, nous incluons les concepts de sanctification, de la mort, de l'amour et de la libération. La «Hauteur» est une dimension inaccessible à l'homme, celui qui monte l'escalier qui conduit au ciel cesse d'être humain. Toute ascension est une traversée au monde de l’au-delà, en quittant l'espace profane. L'escalier participe au symbolisme de la verticalité, de l'Axe du Monde. L’escalade de la Terre vers le Ciel est représenté rituellement dans des traditions diverses par l'ascension d'un arbre/escalier suivie d'une descente qui a pour effet des influences célestes de ce monde et de les combiner avec les influences terrestres. Toute la vie spirituelle est exprimée par une Ascension, par un mouvement ascendant; Christ et la croix (que l'on retrouve également dans le temple) sont suggérés par des escaliers. Dans l'expérience religieuse, le sacré céleste est actif à travers la symbolique du «centre», de "l’hauteur", de « l’Ascension». Le Paradis est une conséquence directe de l'apparition de la transcendance, du pouvoir absolu, de l'éternité, du sacré. C'est aussi un symbole de la conscience. Dans le temple du château, il s’unit avec la Terre, en réveillant un ancien mythe, par la coupe en forme de croix, par l'axe central, nommé dans les documents de Hasdeu «Grande Croix», qui ne représente pas la croix de la souffrance du Christ, mais la croix de résurrection, de la gloire éternelle acquise par le sacrifice. Sur la voûte du dôme du château Iulia Hasdeu, une sphère céleste avait été peinte, détenant tous les attributs de la robe céleste: le fond bleu, les étoiles, les nuages et, même si les témoignages iconographiques n'ont pas été conservés, il est supposé que les anges étaient également présents. Le nuage assombrit le monde sensible, guidant et habituant l'âme à contempler les éléments cachés, pour l'aider à connaître la réalité invisible après avoir traversé les objets visibles. Le ciel embrasse tout. Le ciel symbolise les états supérieurs de l'être. La véritable ouverture signifie la prise en conscience de ces états qui sont tangibles après l'Ascension, après le voyage céleste. Sur la voûte peinte par Ioan Tent, le premier restaurateur de la décoration du monument, tous ceux qui apparaissent sont des éléments symboliques. «Ange» est l’appellative que B.P. Hasdeu a toujours utilisé dans ses communications avec le monde des autres, quand il a convoqué ses parents morts. Nous savons que le savant s'assoyait et méditait longtemps sur la balustrade circulaire qui borde la voûte, près du Ciel peint. Probablement, le symbolisme céleste a débordé ses effets bénéfiques sur lui, envahit par le fardeau de la mort de Julia, la poétesse qui était devenu le "cher ange" ou "l’ange admirable». Parce que au début, il y avait l'état terrestre, puis l'état angélique, et entre ces niveaux des degrés de l'existence intermédiaires, dégrées de l’état universel, les escaliers que l'âme monte, l'escalade à l'intelligibilité est similaire à la tradition de Platon, en voyant l'absolu de la forme parfaite. Les escaliers du château sont peints en jaune, une couleur qui symbolise l'éternité. Dans le monde chrétien, l'escalier est un symbole de la possibilité de monter au ciel, tout ce qui est proche, il fait partie de la transcendance. Le ciel embrasse tout. L'homme est le fils du Ciel (le père) et de la Terre (mère), c’est la formule de l'initiation qui détermine les rapports de l'être humain avec les deux autres éléments de la Sainte Trinité. Le ciel symbolise les états supérieurs de l'être. L’initiation véritable signifie la prise de conscience de ces états qui sont tangibles après l'ascendant, après le voyage céleste. Au sommet du "dôme azur" du château, il y avait peint un triangle, qui avait en son centre un œil dont le globe oculaire est l'ouverture qui est encore visible aujourd'hui. C'était "L’Oeil de Dieu", disait I. L. Caragiale dans ses descriptions. Dans un article sur le symbolisme constructif, René Guénon a noté que «En l'absence d'une représentation matérielle de l'axe", "le dôme est pénétré sur son sommet par une ouverture circulaire; cette ouverture est une représentation du disque solaire lui-même, comme un «Oeil du monde, c'est "la porte du soleil", qui permet la sortie du Cosmos ». Le point de la Terre, directement sous cette ouverture est le correspondant virtuel du Centre du monde. Et le symbolisme du centre du monde illustre également l'importance du symbolisme céleste qui détermine également les rites de l'ascension, de l'initiation, ainsi que des mythes (l’Arbre cosmique et le Montaigne cosmique). Le monde céleste représente le royaume de l'esprit, le monde terrestre est le royaume de la matière. Dans le symbolisme constructif, l’oeil du dôme de haut de la sphère céleste ou de la voûte du temple évoque l'image de la porte étroite, située à l'apogée du cosmos ou de la sphère stellaire qui s'ouvre vers l'inconnu. A travers l'oeil de la coupole doivent passer tous les êtres qui ont atteint l'état de trouver eux mêmes. A travers ça, ce produit le retour au Principe. Cet œil n’est pas seulement l’oeil de la connaissance, mais aussi d'un éveil de la conscience, capable de transcender toutes les préoccupations, obligatoires pour toute ascension spirituelle véritable. Après une introspection dans le souterrain (remarquons que l'espace a également des espaces souterrains!), arrivant au point qui correspond au centre de la croix (voir aussi le Grand Crucifix du Dôme de château!) l'homme se prépare pour l’ascension vers l'infini de la connaissance, guidé par l'étoile avec laquelle il souhaite s’identifier (remarquons que sur la voûte, les «étoiles de l'infini» étaient peintes, appelées ainsi par I. L. Caragiale probablement sous l'influence de B. P. Hasdeu!). La sphère stellaire suggère l'infini, l'évolution spirituelle, le toit du cosmos. Dans la symbolique chrétienne, la sphère bleue représente le manteau qui couvre la divinité. La couleur bleue suggère la régénération ou l'accomplissement spirituel de l'être, un être que a la conscience du haut état spirituel atteint. Le bleu symbolise l'esprit de la vérité. Certainement, les étoiles peintes sur la voûte du château ont été dorées. Dorées et jaunes, près du Soleil, les symboles de l'intelligence humaine, éclairé par la révélation divine. Eugeniu Sperantia, le fils de l'écrivain Th. D. Sperantia - un des mediums de Hasdeu – a visité le château en 1900, avec sa famille. Le livre «Mémoires du monde littéraire» évoque le caractère de Hasdeu et sa vie à Câmpina. Le livre nous aide remarquer quelques éléments descriptifs, présent également dans la description de Caragiale, ainsi que des éléments nouveaux. Sperantia note que «dans le ciment qui couvrait la fenêtre", "il y avait une ouverture circulaire, il existait une sorte de fenêtre à travers laquelle, dans l'après-midi, la lumière solaire envahissait la couronne de la statue. A l'intérieur de la tour, notons la présence d’une fenêtre lumineuse, circulaire, imitant le globe oculaire d'un grand œil sur le plafond, à l’intérieur du triangle peint autour de lui». Certainement, il mentionne «l’Oeil de Dieu», présent aussi chez I.L. Caragiale. L’oeuvre de Sperantia, nous montre que la lumière solaire «est entrée, envahissant la couronne de la statue». Une explication possible serait que la lumière céleste révélée aux personnes symbolise la lumière qui brille sur la terre. La lumière du soleil représente l'amour de Dieu et la sagesse divine de l'esprit. Au cœur de ce christianisme primitif, il y a eu la Gnosies, en d'autres termes, le savoir. Parmi les principaux thèmes Gnostiques, il y a la lumière divine, incarnée dans la présence symbolique de Jésus. Le salut de l'humanité, accompli par Jésus Christ, signifie que l'homme a redécouvert l’Oeil, avec l’intention de rétablir une vision globale, une vision du monde, qu’est l’Amour. Sperantia a aussi mentionné que, sur le balcon métallique circulaire, derrière la statue du Christ, il y avait le buste de Julia à l’échelle naturelle, peint en huile. Il a été placé sur une petite table près de lui, entre deux boîtes musicales jouant "Le Requiem", « un chanson courte comme une perle, comme l’argent, quelque chose comme une prière pleurée par la voix d'un enfant» et l'hymne «Sursum» que "dans un ton plus sobre joue une série impressionnante de notes, un sort de marche, (…) funéraire et en même temps triomphant». En ce qui concerne le «Requiem», le savant raconte dans le livre "Sic Cogito" comment il l’a découvert avec l’aide du medium Vasile Cosmovici, qui était à Paris, en juin 1891. La chanson a été arrangée pour quatuor par le compositeur George Stephanescu et introduit dans la boîte musicale par Léopold Stern. Le 17 septembre 1891, le jour de commémoration de la mort de Julia, le "Requiem" pouvait être entendu dans le temple de cimetière Serban - Voda interprété par l’orchestre du violoncelliste C. Dimitrescu, et plus tard par un autre orchestre, mené par Anton Kneisel. L'hymne «Sursum!» a été dicté pendant la session du 11 septembre 1894, et transcris par Hasdeu. Le 16 septembre, le savant recevait l'indication de placer l'hymne à l'autre coin du bureau de la tombe. Il a été interprété pour la première fois le 17 septembre 1894, sous la direction de George Stephanescu. La présence des deux sculptures, du Sauveur et de Julia, dans le dôme du château est expliquée par un confession du savant écrite au début de la session de spiritisme de juin 10, 1894: «Lili, mon ange, Nicolae, mon ange, mes anges,
Quand j'appelle l’un d’entre vous, je n’oublie jamais que vous êtes tout pour moi, avec mon Lili comme un centre et Christ comme un accessible sommet, le grand médiateur… » L’escalier pliant, un pont-levis, a été levé quand le savant a médité près du buste de sa fille et a invoqué les morts. Là, dans la sphère céleste, il se sentait proche d'eux. L'un des rédacteurs de la revue «La Revue Nouvelle», Victor Bilciurescu, a apporté des témoignages concernant le château: "Une fois que vous entrez, le temple, avec son dôme ci-dessus, se révèle à vous, et au milieu de la coupole l'Oeil Dieu est projeté vers le bas par le reflet d'un miroir. En bas, deux escaliers de fer émergent latéralement, ils se croisent là-haut, sous la coupole, sur une plate-forme où Jésus bénit le temple, et directement sous l'oeil de Dieu, il y a le buste de marbre de Julia». Aussi, il est connu que, après la mort du savant, dans la partie supérieure de la tour, il y avait près de sept lampes, trois chaises, une photo et six albums, les «trois bustes de la famille de l'homme mort». L'un était celui de Julia, comme il est mentionné par ceux qui l'ont vu. Une recherche attentive de la coupole révèle le fait que son symbolisme était étroitement lié à celui de la tombe. Quelques exemples sont: le miroir parallèle de l'entrée de la tombe et de l'entrée du temple de l'édifice de Câmpina, le plafond bleu de la tombe et la voûte bleue du Château (aujourd'hui en rouge foncé, sic!), la croix avec l'œuf primordial sur la voûte de la tombe, le grand crucifix et l'œuf primordial fait des deux moitiés du balcon métallique circulaire du dôme de château, le nom de Dieu sculpté en marbre au plafond de édifice funéraire, l’Oeil de Dieu gardant au centre de la voûte du donjon, la musique «spiritiste» dans la tombe, la même musique qui se trouvait dans le Château, Julia et Christ dans le tombeau, ainsi que dans le château. Il est possible que les deux autres bustes signalés par l'inventaire effectué après la mort de B. P. Hasdeu, comprenant ainsi les biens mobiles et immobiles de Câmpina, peuvent être de Iulia - la mère, faite par Carol Storck, en 1903 (exposé aujourd'hui dans le château) et de B. P. Hasdeu, sculpté par le même artiste en 1905 (sa location réelle est inconnue). Dans la partie inférieure de la tour, il y avait: «deux arbres de noix, trois canapés en peluche, trois fauteuils en cuir, une chaise circulaire en cuir, un réchaud en fer, quatre grandes peintures représentant la famille de la défunte, six petits tableaux, une bible placé sur une arbre noix, une étagère pour les fruits, six photos sur la fenêtre, deux vases en terre cuite, quatre statuettes, une étagère sur laquelle on trouvait cinq oeufs, une boîte en verre contenant une collection d’insectes, trois bouteilles de piano, deux vases en marbre, l'un fissuré, un socle en verre, dix photos, un vase de bronze, une petite table, une chaise, une chaise musicale, une table en noix». De cette énumération qui recrée une partie de l'atmosphère de la place, nous avons remarqué la présence de la Bible, le livre sacré, «le Livre des Livres», qui comprend la connaissance révélée à l'homme par Dieu. La Bible est le reflet de la volonté divine. A travers elle, le message de Dieu est assimilé et intériorisé par la personne qui entre dans le temple. Les meubles en noix ont également été mentionnés par Sperantia: "Parmi les arbres qui ont été abattus quand le château a été construit, il y avait aussi un vieux noyer, avec le diamètre d’un mètre. Hasdeu avait indiqué que le tronc soit utilisé à la fabrication d'un mobilier très original: sans éplucher l’écorce, la surface supérieure du tronc est magnifiquement polie, réparée et transformée en table; celle-ci sera placée dans la partie gauche de l'entrée, près de la fenêtre. Sur le côté poli, il y avait deux bougeoirs, une horloge, des vases de fleurs et quelques photos ». Sperantia se rappelle également des statuettes des apôtres (aujourd'hui disparues), placées au-dessus la porte et formant, par l'ouverture de les deux ailes de la porte, le couloir des miroirs parallèles. En même temps, Sperantia se rappelle les trois chambres parallèles à destination spéciale. Celle à gauche, avec des fenêtres vertes et celle à droite, avec des fenêtres bleues constituant la bibliothèque du savant. La bibliothèque du château suggérait la présence des anciennes bibliothèques des temples antiques. Sa collection de manuscrits se reposait sur des étagères métalliques, dans la salle où la lumière du soleil projetait des rayons bleus. L'accès aux livres et aux manuscrits se faisait par d’escaliers mobiles, sur les petites roues les rendant coulissantes sur des rails en bois. La salle centrale, haute et étroite, ressemblait aux autres deux, avait des fenêtres rouges et «le sentiment d'une joyeuse salle de visite, couverte avec un élégant tapis de la même couleur; et de l'autre côté, sous la fenêtre, il y avait un piano de cabinet, rose en bois, sculpté avec quelques petites perles et ornements raffinés», le piano de cabinet de Julia. L'inventaire effectué le 9 novembre 1907, après la mort de Hasdeu a précisé que 4800 livres se retrouvaient dans la bibliothèque principale, 1613 volumes se trouvaient dans la salle avec fenêtres jaunes et 1614 livres étaient sur les étagères de la salle aux fenêtres bleues, le reste est déposé dans la salle derrière le vestibule. Quand les biens de l’auteur ont été inventoriés, le piano avait disparu de la petite salle aux fenêtres rouges, seulement «deux chaises de piano et des notes diverses de piano» se retrouvant là, ainsi que d'autres objets qui sont minutieusement mentionnés dans le document. Les confessions de Victor Bilciurescu révèlent que «ce temple, qui a été utilisé comme une salle, avait 12 chaises lit (pour les hôtes), au-dessus de chacun se trouvant une camée, et aussi les portraits des écrivains préférés, peints en huile: Balcescu, Kogalniceanu, Laurian, Alexandri, Eliade, Bolintineanu, Conta etc.». Les portraits qu'on peut trouver ici sont: B. P. Hasdeu par Mirea, «Julia dans la bibliothèque», par Diogène Ulysse Napoléon Maillart et «Julia dans le catafalque», par Sava Hentia. Aujourd'hui, les deux premiers tableaux peuvent être vus dans l'exposition permanente du musée du château Julia Hasdeu. Néanmoins, le dernier a disparu. Dans un interview pour le journal «Universul / l’Univers», on note que «Dans le temple, il y avait aussi» «le candélabre en fer, suspendu au plafond – en fer parce que la construction, respectant les désirs de Julia, est fondée sur le principe de ce "matériel éternel", de sorte que seulement le fer et le granit ont été utilisés. Il y avait aussi d'autres meubles, tous fabriqués de fer». Eugeniu Sperantia raconte que "ici, autour du socle qui soutient la statue, le long du mur circulaire, entre autres moins importante meubles, il y avait douze chaises, en bois doré, couvert avec la même peluche rouge, avec très hautes arrières, qui avait un fronton triangulaire sur leur sommet. Dans ce fronton triangulaire de chaque chaise, il y avait été gravé un petit médaillon ovale peint, une miniature en huile. Chaque médaillon représente une personnalité de la révolution de 1848. Sperantia mentionné les portraits de Balcescu, Alecsandri, Kogalniceanu, Eliade Radulescu, C. A. Rosetti ».

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